visite du Préfet de la Nièvre, Victor Devouge, à l'usine de traitement d'eau potable de Peuplier Seul, mardi 25 août 2026

Fuites d’eau : la solution Lacroix-Sofrel réduit le délai d’intervention

La Nièvre traverse une sécheresse historique. Dans ce contexte, chaque mètre cube d’eau potable compte. C’est tout l’intérêt de la solution mise en place par le service de l’Eau de Nevers Agglomération, avec l’entreprise Lacroix-Sofrel : détecter une fuite sur le réseau et intervenir en moins de deux heures, contre plusieurs jours auparavant. Cette performance a été rappelée lors de la visite du nouveau Préfet de la Nièvre, Victor Devouge, à l’usine de traitement d’eau potable de Peuplier Seul, mardi 25 août 2026.

L’eau potable face à une situation exceptionnelle

Le Préfet a été reçu dès 8 heures accompagné de Stéphanie Petitjean, secrétaire générale de la préfecture de la Nièvre, et de Laurent Kompf, directeur départemental des territoires.

Côté Nevers Agglomération, la délégation réunissait Jérôme Malus, vice-président au Cycle de l’Eau, Pascal Dessauny, président du SENA, Isabelle Laudet, directrice générale des services de la Ville de Nevers et de Nevers Agglomération, Dorothée Murat, directrice adjointe du service de l’Eau, ainsi que Denis Indract, collaborateur de cabinet du président Denis Thuriot. Ensemble, ils ont pu constater sur place l’ampleur de la situation.

Une sécheresse exceptionnelle dans la Nièvre

Depuis le mois de mai, il n’est presque pas tombé de pluie sur le territoire. Les mois de mai, juin et juillet ont été les plus chauds jamais enregistrés. Conséquence directe : entre le 21 et le 28 juillet, près de trois cours d’eau sur quatre étaient à sec dans la Nièvre. Le niveau des nappes souterraines est aujourd’hui plus bas que jamais, et les sols sont encore plus secs qu’en 2023, une année déjà marquée par la sécheresse.

Or l’eau potable du territoire vient principalement des nappes situées le long de la Loire. Le niveau de ces nappes dépend directement du débit du fleuve. En période sèche, ce débit est habituellement maintenu grâce à deux barrages, Naussac et Villerest mais leurs réserves diminuent, elles aussi.

Produire plus d’eau avec moins de ressources

Un schéma présenté lors de la visite résume bien la situation. D’un côté, les canicules poussent les habitants à consommer plus d’eau, ce qui peut aussi dégrader sa qualité. De l’autre, la sécheresse des sols provoque davantage de casses sur les canalisations, et empêche les nappes de se recharger normalement. Résultat : la production d’eau doit augmenter, mais elle devient de plus en plus difficile à assurer. Aujourd’hui, l’usine de Peuplier Seul peut encore produire jusqu’à 15 000 m³ d’eau par jour, et l’ensemble des installations du territoire jusqu’à 19 000 m³. Mais chaque litre économisé aide à préserver cette capacité.

La solution Lacroix-Sofrel, un outil pensé pour traquer les fuites

C’est justement sur ce point que Nevers Agglomération a construit une véritable expertise, depuis plus de dix ans. En 2014, environ un quart de l’eau produite se perdait avant d’arriver chez les habitants. Pour réduire ce gaspillage, le service de l’Eau a équipé son réseau, qui s’étend sur plusieurs centaines de kilomètres, avec des outils de télégestion Lacroix-Sofrel. Concrètement, des appareils installés sur les canalisations mesurent en continu les débits d’eau, notamment la nuit, et alertent chaque jour les équipes en cas d’anomalie. D’autres équipements surveillent le réseau à distance et le protègent contre les cyberattaques.

L’intelligence artificielle pour détecter les évolutions de consommation

L’agglomération est allée plus loin en utilisant l’intelligence artificielle, développée avec l’Innovation Lab du groupe Lacroix. Cette technologie analyse automatiquement les données du réseau, en croisant les volumes d’eau consommés avec les informations de facturation.

Elle repère ainsi, toute seule, le secteur où se trouve probablement une fuite sans que les équipes aient besoin de tout vérifier à la main. Résultat : une fuite qui demandait auparavant plusieurs jours pour être trouvée puis réparée peut aujourd’hui l’être en moins de deux heures.

Ce travail porte ses fruits. Le service de l’Eau dispose désormais d’une équipe dédiée à la recherche des fuites invisibles : environ 50 sont détectées et réparées chaque année, et le rendement du réseau atteint aujourd’hui 80 %. D’autres actions sont prévues pour aller encore plus loin : renouveler les canalisations les plus anciennes, continuer à changer les compteurs, et étudier la mise en place d’une tarification qui encourage les économies d’eau, grâce à des compteurs communicants.

Une solution qui dépasse le seul territoire de Nevers

Cette réussite intéresse au-delà de Nevers Agglomération. Plusieurs collectivités françaises se sont déjà rapprochées du service de l’Eau pour comprendre comment mettre en place une démarche similaire chez elles. C’est exactement ce que le SIIViM, le Sommet international de l’innovation en villes médianes organisé par Nevers Agglomération, cherche à encourager : faire connaître les solutions inventées par des villes de taille moyenne, pour qu’elles puissent ensuite être reprises ailleurs, dans d’autres territoires confrontés aux mêmes défis climatiques.

Avec une sécheresse qui pourrait se reproduire, détecter une fuite en quelques heures plutôt qu’en plusieurs jours n’est plus un simple progrès technique. C’est devenu un véritable outil pour préserver une ressource de plus en plus précieuse.

Crédits photos © YG

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