Vos préférences en matière de cookies
Nous utilisons des cookies pour personnaliser le contenu et améliorer votre expérience. Vous pouvez accepter tous les cookies ou gérer vos préférences


Au-delà du thème, un message clair s’est imposé. À Nevers, la circularité n’est plus un complément environnemental. Elle devient un levier stratégique de compétitivité et de souveraineté industrielle.
Une réponse territoriale à des tensions mondiales
Rareté des matières premières, dépendance aux composants électroniques, pression réglementaire européenne, transformation du véhicule vers l’électrique et le logiciel (software-defined vehicle) : la filière automobile entre dans une phase de recomposition profonde.
En ouverture, Denis Thuriot, Président de Nevers Agglomération, a rappelé que le développement territorial repose sur le dialogue et la structuration collective de l’écosystème, à l’image du SIIViM. L’enjeu est clair : anticiper les mutations plutôt que les subir.

En ouverture, Denis Thuriot, Président de Nevers Agglomération, a rappelé que le développement territorial repose sur le dialogue et la structuration collective de l’écosystème, à l’image du SIIViM. L’enjeu est clair : anticiper les mutations plutôt que les subir.
L’économie circulaire offre une réponse concrète :
La mobilité est pensée ici comme un facteur de cohésion sociale et d’équilibre écologique, mais aussi comme un pilier structurant du modèle économique local.

Un territoire déjà structuré Nevers ne part pas d’une feuille blanche. Le territoire s’appuie sur un socle industriel solide avec des acteurs comme SNCF, Arquus, FPT, Valeo et des entreprises de déconstruction et de recyclage automobile.
La stratégie territoriale repose sur quatre piliers :
L’économie circulaire figure parmi les priorités stratégiques de la filière automobile française à horizon 2030. Nevers se positionne comme un territoire démonstrateur de cette transformation.
De la réparation à la reconception industrielle
Le témoignage de Kevin Boissie pour le site Valeo de Nevers a illustré concrètement la mutation en cours.
Le site développe un laboratoire d’électronique circulaire dédié à la réparation, au réemploi et au remanufacturing. L’objectif n’est pas expérimental. Il est industriel.
Moins de 20 % des déchets électroniques mondiaux sont correctement recyclés. Dans ce contexte, la réparation et la prolongation de vie des équipements deviennent des enjeux stratégiques.
La technologie devient durable lorsqu’elle est conçue pour durer et être réparée. Cela suppose de repenser la conception produit dès l’ingénierie.
Valeo structure sa démarche autour des 4R :

4 500 à 5 000 batteries réparées chaque année.
Sur le site de Nevers, Valeo industrialise la prolongation de vie des équipements électriques. Chaque batterie réparée évite l’extraction de matières premières critiques comme le nickel, le cobalt, le manganèse ou le lithium, dont l’approvisionnement est aujourd’hui soumis à de fortes tensions géopolitiques et industrielles.
Allonger la durée de vie des équipements réduit la pression sur ces ressources stratégiques, diminue l’empreinte carbone liée à l’extraction et au transport, et renforce la résilience des chaînes de valeur européennes. La réparation devient ainsi un outil concret de sécurisation industrielle.
Jusqu’à 99 % des matériaux réutilisés dans certains processus.
Dans l’exemple de réparation de caméra frontale présenté lors de la rencontre, le taux de réutilisation atteint 99 %. Seuls les composants défaillants sont remplacés, le reste étant conservé, requalifié et testé selon des standards industriels stricts, avec une garantie pouvant aller jusqu’à deux ans.
Ce chiffre illustre un changement de paradigme. La circularité ne consiste plus à recycler en fin de cycle. Elle vise à préserver la quasi-totalité de la valeur existante. Réparer devient un acte industriel à forte intensité stratégique.
Le défi réglementaire et systémique
La transition vers une économie circulaire automobile se heurte néanmoins à une complexité réglementaire réelle. L’intégration d’un composant réemployé ou recyclé pose des questions d’homologation, de traçabilité et de responsabilité.
Si un seul composant est requalifié, l’ensemble du système doit répondre aux exigences normatives. La circularité impose donc un alignement entre ingénierie, réglementation et modèle économique.
Comme l’a souligné Alain Bourcier, il faut penser la route et la mobilité dans leur environnement global : flux de matières, gestion des déchets, infrastructures, usages. À Nevers, les déchets ne sont plus une fin de cycle. Ils deviennent des « devenir ».
Vers un modèle industriel plus résilient
L’économie circulaire transforme le modèle industriel en profondeur :
Dans un contexte de compétition mondiale accrue, maîtriser la seconde vie des composants devient un enjeu de souveraineté.
La dynamique observée à Nevers repose sur un alignement rare entre collectivités, industriels et pôle de compétitivité. Cette cohérence territoriale constitue un avantage compétitif en soi.
La mobilité durable ne se décrète pas. Elle se construit collectivement.
En faisant de l’économie circulaire un pilier de sa stratégie de développement, Nevers ne suit pas une tendance. Elle organise une transformation industrielle structurée, où réparer, remanufacturer et reconcevoir deviennent les fondements d’un nouveau modèle productif.
À Nevers, la souveraineté industrielle passe désormais par la circularité.
Vos préférences en matière de cookies
Nous utilisons des cookies pour personnaliser le contenu et améliorer votre expérience. Vous pouvez accepter tous les cookies ou gérer vos préférences